JEUNES APHRODITES - LES ENFANTS DU CINOCHE

LES ENFANTS DU CINOCHE

JEUNES APHRODITES

MV5BMjE1NDI2MTg5NV5BMl5BanBnXkFtZTcwOTg1NzQ0MQ@@__V1_.jpgMikrés Aphrodítes

Grèce
1962
drame antique
1h28
date de sortie en France :  15 février 1967

 

Festival de Berlin :
Prix de la mise en scène
Prix de la critique

Semaine du cinéma grec :
meilleur film
meilleur réalisateur (Níkos Koúndouros)
meilleure musique (Yannis Markopoulos)
 

avec
Vangelis IOANNIDIS (Skymnos)
Kleopatra ROTA (Chloé)

et Eleni PROKOPIOU (Arta) Takis EMMANUEL (Tsakalos) Kostas PAPAKONSTANTINOU (Lykas) 

 

le sujet

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En Grèce antique, vers 2000 av. J.-C.
Des bergers descendus de la montagne rencontrent des femmes de pêcheurs, dont les maris sont en mer.

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Un fils de berger, Skymnos et une fille de pêcheur, Chloé, douze ans, s'aiment sauvagement. Une relation sexuelle s'établit aussi entre Arta et Tsakalos.

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Le berger muet, Lykas, les espionne tous.

Il finit par enlever la jeune Chloé. Skymnos, trahi, se noie.

 

le réalisateur

 

Níkos KOUNDOUROS est né en Crète le

Il est considéré comme un cinéaste militant, d'un point de vue politique et social. Cette démarche l'amena à la création d'une esthétique nouvelle très personnelle. Il est considéré comme l'un des précurseurs de Theo Angelopoulos
Diplômé de l'École des Beaux-Arts d'Athènes où il étudia la peinture, Nikos est engagé politiquement à gauche. Il est déporté de 1949 à 1952 sur Makronissos, avec les autres vaincus de la guerre civile. Il considère que le camp d'internement fut pour lui la «plus grande des écoles». C'est lors de ce séjour qu'il choisit le cinéma comme nouveau vecteur de son expression artistique. Sur l'île, il fait la connaissance de Thanássis Véngos, auquel il offre ses premiers rôles.

Nikos envisage alors son cinéma comme celui des années d'occupation qui, avec des moyens rudimentaires, réussissait à faire passer, en jouant avec la censure, un message antinazi. Cette fois-ci, il s'agit pour lui de faire passer un message politique et social, celui des idées de gauche, interdites après la guerre civile. Ses deux principaux modèles sont le cinéma soviétique et le néoréalisme.
Nikos réalise, sans réelles connaissances cinématographiques, son premier film en 1954, Ville magique. Projeté à la Mostra de Venise, de façon non officielle, le pouvoir grec refusant d'être représenté par un cinéaste et un film engagés à gauche.

L'Ogre d'Athènes (1956) est considéré comme un des grands films charnières du cinéma grec, pour sa façon révolutionnaire de présenter les classes populaires et les exclus. L'histoire est celle d'un petit employé de banque solitaire, sosie d'un gangster. Alors qu'il est poursuivi par la police, il se réfugie dans un bar louche du Pirée. Là, les gangsters le prennent pour l'un des leurs. Pour l'amour d'une prostituée, il joue le jeu et finit par connaître une fin tragique.
La gauche détesta ce film qui ne présente pas une classe populaire « sainte et martyre », mais au contraire une population fascinée par l'argent facile et le « rêve américain ».
Pour la droite, le film n'incarne pas les bonnes valeurs morales grecques, celles que tout Grec doit posséder, pour obtenir alors des autorités son « certificat de bonne conduite », lui permettant de trouver un travail ou de réaliser la moindre démarche administrative.
Dans Ville magique comme dans L'Ogre d'Athènes, le cinéaste désire montrer que la société grecque s'enfonce dans une aliénation de plus en plus grande. Il prend ici le contre-pied du néoréalisme italien.

Suit Les Hors-la-loi (1958) avec lequel Nikos quitte la veine néoréaliste et entre dans une esthétique personnelle, fondée sur son expérience artistique de peintre et de sculpteur, pour atteindre une sorte d'allégorie politique, ancrée dans les mythes grecs originels, utilisés comme archétypes. Il propose alors un cinéma d'avant-garde, avec des cadrages très picturaux par exemple, qui le fait se heurter aux exigences de ses producteurs, qui aimeraient un cinéma plus commercial, en plus des tracas que lui causent la censure.

Les Petites Aphrodites, dont l'érotisme participe à la revendication sociale du début des années 1960, s'inspire des mythes originels puisés dans la Grèce antique, dans une atmosphère de paganisme primordial. Le film, sans quasiment aucun dialogue, repose sur une esthétique très picturale. Son succès artistique et commercial permet à Nikos d'envisager sereinement la mise en scène de son film suivant : Le Visage de la Méduse dont le tournage commence en Crète en 1966. Mais, la dictature des colonels l'interrompt. 
Le réalisateur part à l'étranger, où il s'oppose activement à la dictature. Le tournage continue à Rome. Il n'est finalement achevé qu'en 1977 et le film est projeté à Thessalonique, lors d'un contre-festival, parallèle à la compétition officielle. Le film fut mal compris : derrière une esthétique tout en symboles picturaux, et à nouveau une célébration d'un érotisme primitif, le réalisateur insiste sur un message politique très allégorique.

A la fin des années 1970, Nikos renoue avec le néoréalisme qu'il utilise dans ses films inspirés de l'histoire contemporaine grecque : Byron, Ballade pour un démon, Bordelo. Avec un cadrage au plus près des visages des personnages, le cinéaste exprime à nouveau la solitude de l'individu qui se retrouve sans espoir, jouet des événements, comme le héros de la tragédie antique est impuissant, jouet des dieux. C'est un cinéma très pessimiste qui sert encore un message social et politique.
Nikos meurt le
à Athènes.

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les enfants

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Vangelis IOANNIDIS a débuté en 1959 dans Agnes Psyches (inédit). 

Après Jeunes Aphrodites, il est au générique de O striglos pou egine arnaki (1968). 

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Des quatre films dans lesquels à joué Kleopatra ROTA, seul Jeunes Aphrodites, son premier rôle, a été distribué internationalement. 

 

les commentaires

 

Le réalisateur finit par implicitement désavouer son film, malgré son succès critique et public.

 

Jeunes Aphrodites, avec sa forme brute (scénario minimal, peu de dialogues) propose une vision de la Grèce d'avant la civilisation, dont les touristes viennent admirer les ruines. Les images du directeur de la photo Giovanni Varriano soutiennent le réalisme poétique du réalisateur, qui célèbre l'humain anonyme transcendant toutes les différences de classes.

 

Dans la mythologue grecque, Aphrodite est la déesse de l'amour.

 

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Le scénario est tiré des Idylles de Théocrite et de Daphnis et Chloé de Longus.
La découverte de l'amour physique par de très jeunes adolescents est vue comme l'«hybris»  originel, un crime entraînant une fin tragique.



23/11/2017
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